Un carnier, une poudrière pendaient en sautoir sur son dos; des pistolets doubles, un couteau, une hachette à sa ceinture.
La paume de sa main gauche reposait sur le canon d'un fusil à deux coups, monté avec un luxe dangereux dans ces contrées où le vol et l'assassinat sont pour ainsi dire à l'ordre du jour.
Il remarqua bien le premier mouvement de la jeune fille; mais, soit qu'il eût peur de l'effaroucher par une apostrophe trop brusque, soit qu'il voulût prolonger une situation agréable pour lui, soit même qu'il fût d'un naturel timide, il feignit de ne point s'apercevoir qu'elle était éveillée.
Merellum put donc le lorgner tout à son aise.
Peu à peu, sans y penser, elle s'enhardit: ses paupières se dessillèrent, elle les releva à demi, puis entièrement, et il arriva que tout à coup ils se regardèrent l'un l'autre sans crainte, mais avec un mélange de surprise et de plaisir.
Ils ne bougeaient pas; elle, étendue à la racine de l'arbre; lui, incliné, le visage à quatre pieds au-dessus du sien. On eût dit qu'ils craignaient que le moindre mouvement ne détruisit le charme qui les subjuguait.
Mais déjà leurs yeux disaient un langage bien éloquent; pour leurs coeurs, ils s'entendaient sans le savoir, sans se connaître.
Cependant, comme il n'est position si délectable qui ne finisse par devenir incommode quand elle dure trop, le jeune homme se décida à rompre le silence.
—Mademoiselle comprend le français? dit-il d'une voix musicale.
La Petite-Hirondelle répondit par un signe de tête affirmatif.