Une fois guéri, Molodun se mit activement à la recherche de la face blanche. Il savait qu'elle avait échappé aux perquisitions d'Oli-Tahara et qu'elle était partie avec le Chien-Flamboyant.
Jongleur par sa position et, conséquemment, au fait des petites pratiques de la sorcellerie, Molodun était moins superstitieux que la plupart des Indiens.
Il avait vu le nègre en plein jour, dépouillé de tout son appareil flammifère, et le soupçonnait fort d'être un habile charlatan; mais comme, après tout, il ne faisait de mal à personne, le Renard-Noir l'avait, par politique, protégé jusque-là, comme une créature dont il pourrait peut-être un jour tirer parti.
L'enlèvement de Merellum changea sa manière de voir à l'égard du nègre.
Une centaine de guerriers nez-percés avaient survécu à la défaite.
Molodun choisit parmi eux cinquante des plus braves et explora le pays environnant.
Plus d'une fois il aperçut le noir et tenta de s'emparer de lui; mais chaque fois celui-ci sut mettre le sauvage en défaut. Un jour enfin, Molodun entrevit Merellum, qui se promenait avec le chasseur canadien sur le plateau de la falaise. Il n'avait certes pas besoin de cette découverte pour s'exciter à poursuivre son entreprise. Mais une nouvelle sensation traversa son coeur comme un fer rouge. Au désir de s'emparer de la Petite-Hirondelle se joignit le désir, non moins brûlant, de tuer le jeune homme avec qui elle causait si familièrement.
Seul alors dans son canot, sa bande étant campée à quelque distance, il rangeait la côte au pied du cap.
Il aborda, gravit l'escarpement en moins de cinq minutes, et arriva sur le plateau.
Les jeunes gens n'y étaient plus. Molodun ne trouva que la hutte grossière où le chasseur couchait avec Baptiste, Merellum occupant seule la salle souterraine.