Le Renard-Noir vit bien, tout de suite, que cette loge n'était qu'un abri passager, et que la face blanche avait une autre retraite.

Il fouilla, fouilla la falaise et ne trouva rien.

Revenant sur le rivage, il se rembarqua, retourna vers ses gens et les ramena dans un îlot, vis-à-vis du cap, où il les établit.

Lui-même se plaça de manière à observer ce qui se passerait au sommet du rocher.

Par bonheur pour nos héros, le cèdre qui servait comme d'escalier au souterrain, était en partie masqué par deux gros arbres du côté du fleuve.

Malgré sa vigilance, Molodun ne remarqua pas la rentrée du nègre dans la grotte, quoique celui-ci eût parfaitement distingué les canots des Nez-Percés.

Enfin, fatigué d'attendre, le Renard-Noir résolut d'explorer la falaise avec tout son monde. Il donna l'ordre de pousser vers le rivage. C'est à ce moment que Merellum le reconnut par la fenêtre et tira sur lui.

Surpris et irrité par cette attaque imprévue, Molodun craignit une embûche, et au lieu d'attérir, il commanda à ses guerriers de se tenir à flot, en tâchant de découvrir d'où venait le coup. Des flèches furent décochées sans effet sur le tronc de buis, et comme la nuit tombait rapidement, le Renard-Noir jugea qu'il était prudent de regagner son île et d'ajourner au lendemain la continuation des recherches.

Alors, dans les branches des arbres, tantôt, comme une gigantesque statue de feu, tantôt comme une boule incandescente, parut Baptiste.

Les Nez-Percés furent saisis de vertige. La plupart s'enfuirent, quelques-uns se précipitèrent dans les flots où ils se noyèrent.