Molodun lui-même se hâta de se réfugier dans son île.
Le triple aboiement du Chien-Flamboyant acheva de semer l'épouvante parmi les Peaux-Rouges.
—L'Esprit du feu! l'Esprit du feu! hurlaient-ils en faisant force de rames.
Mais cette fois Molodun ne fut pas dupe du stratagème. Il avait reconnu le nègre.
—Que mon frère Peopeomaxmax rassemble les jeunes hommes, dit-il à un chef qui l'accompagnait.
Peopeomaxmax ou le Serpent-Jaune essaya inutilement d'exécuter cet ordre.
Les Indiens étaient dispersés en tous sens. Le lendemain seulement,
Molodun parvint à en réunir une dizaine.
Au point du jour, il traversa le fleuve, sonda le terrain tout autour du plateau, mais sans deviner la cachette du cèdre. Une double piste détourna au reste son attention de l'arbre. Cette piste partait du pied. Il supposa que les auteurs des empreintes s'étaient, la veille, tenus cachés dans les rameaux.
Il examina les pas; c'étaient bien ceux d'un homme et d'une femme, et l'un et l'autre appartenaient à la race blanche, car la pointe du pied était tournée en dehors, au lieu d'être tournée en dedans, comme celle des Peaux-Rouges.
Ces impressions furent suivies jusqu'à l'enclos, où elles disparaissaient à travers des traces de poneys nombreuses. Mais aucun de ces animaux ne se trouvait alors dans l'enceinte.