Inutile de dire que Cherrier. Baptiste, Poignet-d'Acier et Nick Whiffles en faisaient partie.
En passant près du village indien, on remarqua que tous ses habitants, hommes, femmes et enfants, l'avaient abandonné.
—Ah! les vermines! s'écria Nick Whiffles, ils n'ont pas même eu la politesse de nous attendre pour leur souhaiter le bonjour. Est-il permis d'être aussi malhonnêtes! Nous qui aurions eu tant de plaisir à leur rendre, par une aubade, la gentille sérénade qu'ils nous ont donnée hier!
—Vous les avez, ce me semble, assez mal reçus, ami Nick, dit
Poignet-d'Acier en souriant.
—Pour ça non, capitaine; je proteste, ô Dieu, oui! Qu'est-ce, je m'en rapporte à vous, qu'une centaine de dragées de plomb que nous leur avons envoyées! Quand mon oncle, le grand voyageur dans l'Afrique centrale…
—Je sais, je sais, se hâta de dire Poignet-d'Acier voulant esquiver le merveilleux récit qui allait indubitablement lui échoir, et que Nick ne lui aurait certes pas épargné, sans l'intervention du sous-chef facteur, ordonnant aux hommes de mettre à l'eau les canots qu'ils avaient apportés sur leurs épaules.
La troupe se divisa en deux fractions: l'une monta dans les embarcations, l'autre eut pour mission d'explorer la rive méridionale du fleuve.
Le même canot portait M. Boyer, Cherrier, Poignet-d'Acier, Baptiste et Nick Whiffles. Au bout d'une demi-heure, il arriva au môle de sable sur lequel le courant du fleuve avait poussé Xavier. Le nègre et lui n'eurent pas de peine à reconnaître cet îlot. Mais toutes leurs recherches pour découvrir les naufragés furent infructueuses.
La journée entière se passa ainsi.
Sur le soir, M. Boyer rassembla ses gens et décida de retourner au fort.