—L'Aigle-Gris et Renolunc! maugréa Molodun entre ses dents.

C'étaient effectivement son beau-père et son beau-frère qui arrivaient, après avoir été témoins de l'enlèvement de Lioura et d'Iribinou par les Clallomes. Ils auraient bien voulu les arracher à leurs ennemis. Mais le nombre de ces derniers était trop considérable pour qu'ils pussent tenter de l'entreprendre avec quelque chance de succès.

Les deux Nez-Percés revenaient, afin d'armer la nation et de voler au secours de Lioura. Leur entrevue avec le Renard-Noir fut froide et empreinte de ressentiment.

Mais le retour des parents de la Blanche-Nuée soulagea Merellum d'une grande appréhension; car il la débarrassait, pour un temps au moins, des obsessions de son terrible amant.

La nuit se passa tranquillement.

Le lendemain, les trois chefs tinrent conseil. Il fut résolu que la face-blanche serait conduite à l'ienhus des Nez-Percés et gardée jusqu'à ce qu'on eût appris le sort que les Clallomes auraient fait subir à Lioura. S'ils avaient épargné ses jours, on tâcherait de l'échanger contre Merellum; s'ils l'avaient sacrifiée à Scoucoumé, on sacrifierait également la Petite-Hirondelle.

Ce plan souriait à Molodun; il l'approuva complètement.

—Mais, dit Renolunc, qui l'avait, proposé, nous ne pouvons mener cette squaw au milieu de nos familles sans l'exposer à être massacrée.

—Mon fils a dit vrai, appuya l'Aigle-Gris.

—Et pourquoi cela? interrogea le Renard-Noir.