Il était vêtu d'une longue robe de buffle, le poil tourné en dehors et serrée à la taille par une corde de crin. Des mitas et des mocassins élégamment brodés couvraient ses pieds et ses jambes. Sur son épaule se balançaient son laineux arc en dent de narval et un carquois de peau de loup marin, renfermant une douzaine de flèches, toutes empoisonnées. Un couteau à scalper était passé à sa ceinture, et un tomahawk pendait par un cordeau à son poignet. Une profusion de plumes multicolores ornait sa chevelure. Son visage, sa poitrine et ses bras étaient bigarrés de peintures.
Son premier coup d'oeil, en entrant, fut adressé à Merellum.
Un jeune homme lui présenta alors l'albino qui lui était propre et dont personne autre que lui n'avait le droit de se servir.
Il s'assit, reçut des mains de l'Aigle-Gris un calumet qu'il fuma lentement en silence pendant plusieurs minutes, et dit:
—J'ai l'oreille ouverte au discours de mes frères.
—Sois donc le bienvenu dans la loge, mon fils, répliqua le vieillard.
—Amènes-tu les alliés? demanda Renolunc.
—Oui, Molodun amène deux fois cinquante guerriers, choisis parmi les meilleurs des Voila-Voilas; deux fois quarante Arcs-Plats; deux fois vingt Indiens-de-Sang et deux fois soixante Serpents.
—Ah! dit l'Aigle-Gris, avec tous ces braves nous n'aurons pas de peine à écraser nos ennemis et à leur reprendre ma pauvre Lioura.
Le Renard-Noir essaya de dissimuler une grimace, mais son mouvement n'échappa point au Castor-Industrieux.