—Faut-il te venir en aide, Philippe? dit l'écuyer.

Le Maléficieux n'entendit pas, une nouvelle bouffée de vent poussait contre le canot des montagnes d'eau.

—Cramponnez-vous au banc! s'écria Francoeur.

Par bonheur les lames passèrent à côté.

Dégagé de son voile, le soleil jetait un dernier regard sur l'Océan courroucé.

—Un navire! j'aperçois un navire! clama Guyonne. En effet un vaisseau était en vue.

—Ah! nous sommes sauvés! Il se dirige vers l'île de Sable, dit le vicomte, qui oubliait déjà le péril auquel ils étaient exposés.

Philippe demeura silencieux, tous ses efforts tendaient à maintenir l'esquif en équilibre.

Rapidement la nuit arriva. L'Atlantique hurlait comme une bête fauve, et mêlait sa voix formidable aux glapissements du vent.

On n'osait ouvrir la bouche, on n'osait se mouvoir sur le canot.