—Tenez, dit Laure en lui présentant une petite lime.

Un éclair de joie colora le visage pâli de Bertrand.

—Ensuite? dit-il.

—Ensuite, ne craignez rien.

Et de ses doigts mignons, la charmante enfant commença à limer la chaîne qui scellait son amant à la muraille.

Ce travail fut lent et pénible, les blanches mains de Laure se teignirent de sang. Mais le courage de l'amour l'animait—ce courage qui a fait tant de femmes héroïques—et au bout d'une heure, la chaîne était sciée.

—A présent, hâtons-nous, dit-elle.

L'espérance de la liberté prêta des forces au captif. Ils descendirent les marches du donjon, et arrivèrent au rez-de-chaussée dans une grande pièce au centre de laquelle on remarquait un puits.

—Écoutez, dit alors la châtelaine, en indiquant le bord du puits, Bertrand, il faut nous quitter ici. A quelques pieds au-dessous de la margelle, ce puits renferme un escalier, et plus bas, un passage souterrain qui vous conduira sur le flanc septentrional de là montagne. Voici la clef de la poterne dérobée. Mais, sur votre honneur, jurez-moi que jamais vous ne révélerez le secret que je vous confie!

—Hélas! dit le jeune homme d'un ton plaintif, je ne me gens plus la volonté de partir. Laure, je voudrais mourir!