Elle se trouvait au bout d'une sorte de galerie taillée dans le roc, et, sous ses yeux, se déployait une chambre ou salle qui semblait également avoir été creusée au coeur d'un rocher.
Cette chambre était nue. L'eau suintant à sa voûte et à ses parois y avait formé des stalactites, figures étranges, qui resplendissaient comme des pierreries aux rayons d'une petite lampe faite avec un crâne d'animal et pendue par une corne de daim à un angle de la muraille.
Sous cette lampe, et sur un méchant lit de mousse et de sapinette ou branches de pin, était étendu un homme.
Une peau de bison recouvrait ses membres. Au front, il portait un grossier bandeau de toile ensanglantée qui lui cachait la moitié du visage.
Malgré son bandeau, malgré la pâleur et l'altération de ses traits, on ne pouvait méconnaître cet homme. C'était Adrien Dubreuil.
A la vue de Meneh-Ouiakon, un doux sourire erra sur les lèvres desséchées du malade.
—Je craignais, dit-il faiblement, que la vieille ne vous entendit pas frapper; car elle est bien sourde.
—Elle m'a entendue, répondit l'Indienne. Mais, parle, mon frère: le feu qui brûlait tes veines commence-t-il à s'assoupir?
—Oui, grâce à vous, noble fille, ma santé s'améliore. Une lueur de satisfaction colora le visage de Meneh-Ouiakon.
—Mais, continua Dubreuil, approchez, ma soeur, je vous en prie. Donnez-moi votre main, que je la serre dans les miennes. Ce m'est, hélas! le seul moyen de vous témoigner la reconnaissance qui déborde mon coeur…