Je me suis mis un peu à l'ambassade,
Afin de voir si c'était embuscade;
Alors je vis trois visages François
M'ont mis le coeur d'une trop grande joie.
Mes genoux plient, ma faible voix s'arrête,
Je tombe… Hélas! à partir ils s'apprêtent:
Je reste seul.. Pas un qui me console,
Quand la mort vient par un si grand désole!
Un loup hurlant vient près de ma cabane,
Voir si mon feu n'avait plus de boucane;
Je lui ai dit: Retire-toi d'ici,
Car, par ma foi, je percerai ton habit.
Un noir corbeau, volant à l'aventure,
Vient, se percher tout près de ma toiture;
Je lui ai dit: Mangeur de chair humaine,
Va-t'en chercher autre viande que la mienne.
Va-t'en là-bas, dans ces bois et marais,
Tu trouveras plusieurs corps iroquois:
Tu trouveras des chairs, aussi des os;
Va-t'en plus loin, laisse-moi en repos.
Rossignolet, va dire à ma maîtresse,
A mes enfants qu'un adieu je leur laisse,
Que j'ai gardé mon amour et ma foi,
Et désormais faut renoncer à moi!
C'est donc ici que le monde m'abandonne,
Mais j'ai recours en vous, Sauveur des hommes!
Très-Sainte Vierge, ah! ne m'abandonnez pas,
Permettez-moi d'mourir entre vos bras!
N'est-ce pas, ami, qu'il n'est guère d'élégie plus pathétique, plus saisissante, même parmi les plus correctement écrites?
Pauvre! pauvre Cadieux [55]!
[Note 55: Historique.]