Cependant le bouleau, tranché aux trois quarts, reste attaché, à son pied, par des ligaments, tandis que, accroché par les branches aux écueils des Rapides, son tronc forme une passerelle sur le Trou-de-l'Enfer.

Mais, en s'abattant, quelques rameaux ont atteint l'Indien que l'on ne distingue plus.

Adrien s'élance sur l'arbre. Il arrive à l'endroit où le sauvage a été immergé.

Une de ses mains apparaît encore crispée au rocher.

Dubreuil casse les branches du bouleau, s'agenouille sur son pont improvisé, tend le bras, saisit cette main, et, déployant toute sa vigueur, il ramène à la surface la tête et le buste du Peau-Rouge.

Mais celui-ci est affaibli, brisé par la lutte effroyable qu'il a soutenue, qu'il soutient encore.

Du geste, plutôt que de la voix, le Français l'encourage, tandis que, lui passant les bras autour de son cou, il s'arcboute, se relève peu à peu, et finit par le tirer entièrement de l'entonnoir.

Sauvé! J'en remercie Dieu! dit le brave Adrien, en s'essuyant le front, après avoir déposé le sauvage sur la tête du bouleau, dont une partie seulement trempe dans la rivière.

Comme il murmurait cet acte de reconnaissance, l'arbre, resté jusque-là à peu près immobile, s'ébranle.

Les filaments qui l'assujettissaient à sa racine ont cédé sous le poids des deux hommes: ils s'allongent! Ils rompent!