—Si tu me donnes la femme blanche, j'en ferai l'esclave de
Kitchi-Ickoui.

Kit-chi-ou-a-pous partit d'un éclat de rire.

—Double-Langue est fou, dit-il. Djecouessin-Netchegousch est ma captive, je la garde. Mais si Double-Langue ou tout autre essaie de me l'enlever, je lui briserai la tête comme je le fais à cette squaw infidèle! ajouta-t-il en dirigeant son formidable tomahawk contre le crâne d'Alanck-ou-a-bi.

Par bonheur, elle sut éviter le coup en se jetant en arrière.

Et le chef qui s'était déjà interposé, s'emparant de Kit-chi-ou-a-pous, lui parla bas à l'oreille.

Leur conversation dura quelques minutes. Elle fut très-animée, à en juger par les gestes des interlocuteurs. Mais, à la fin, le Grand-Lièvre parut consentir à ce que l'autre exigeait de lui.

—J'attendrai, dit-il.

Puis il commanda à ses guerriers de s'apprêter à partir.

Les uns s'empressèrent alors de charger leur butin sur des traîneaux, auxquels ils attelèrent les chiens de la factorerie. Les autres réunirent en troupeau le bétail et les chevaux qu'ils avaient trouvés. Après quoi ils mirent le feu aux bâtiments du fort, et le quittèrent en hurlant comme des démons.

Kit-chi-ou-a-pous avait placé madame Robin sur un traîneau, et lui-même en dirigeait l'attelage.