Les autres captives marchaient à pied entre leurs ravisseurs.
L'aurore se levait sous un ciel pâle et terne, mais qui commençait à s'embraser des lueurs ardentes de l'incendie, quand les Chippiouais abandonnèrent le théâtre de leur sanglant exploit.
Durant tout le jour et toute la nuit suivante ils cheminèrent pour regagner leur camp.
Mais ils allaient lentement, car les gros animaux qu'ils poussaient devant eux, enfonçant à chaque pas dans la neige, n'avançaient qu'avec peine.
Le lendemain soir seulement, ils approchèrent des huttes.
On en distinguait déjà la fumée dans le lointain, quand
Kit-chi-ou-a-pous ordonna de faire halte.
La troupe se trouvait alors devant une colline de glaçons, haute d'une vingtaine de mètres; mais chacun des glaçons était énorme et mesurait de sept à huit pieds d'épaisseur sur quinze à vingt de longueur et largeur.
Ça et là, ainsi que des cellules dans une ruche, apparaissaient des trous, à la base de l'édifice, laquelle pouvait bien compter dix pas de rayon.
Quelques-unes de ces ouvertures avaient été bouchées tu moyen de glaces, comme le donnaient à supposer certaines nuances différentes de l'ensemble.
Cette montagne de congélations était le cimetière d'hiver des Chippiouais; ils y inhumaient leurs morts. Lorsqu'arrivait la bonne saison, lorsque le sol cessait d'être aussi dur que la roche, ils enlevaient les cadavres en grande pompe, pour les déposer dans le sein de la terre.