Avec un morceau de craie, la squaw décrivit sur le plancher une large spirale, au centre de laquelle elle enfonça un clou.

Puis, dans une cage placée en un coin de la chambre, elle prit trois musaraignes, deux grises et une brune. La brune était une femelle, les grises des mâles.

La brune fut attachée par la patte à une cordelette en nerf d'animal, fixée elle-même au clou planté dans la spirale.

Sur l'un des mâles, Alanck-ou-a-bi traça avec sa craie une ligne droite.

Sur l'autre, elle traça une ligne courbe.

Ensuite, elle posa les deux musaraignes sur le cercle le plus excentrique de la spirale.

Et, s'animant tout d'un coup, elle se mit à danser autour, en chantant sur un diapason bas d'abord, mais qui ne tarda pas à monter, à mesure qu'elle précipitait les mouvements de son corps:

—«La musaraigne brune, c'est la femme aimée de mon fils.

—«Le voici, lui, représenté par la musaraigne qui a une raie tortue sur son dos, et celle qui porte la raie droite c'est le mari de la femme aimée de mon fils.

«Que Kitchi-Manitou accorde à mon fils la victoire sur son rival et que la musaraigne brune tourne ses yeux vers lui.