Ces termes, usités par les trappeurs canadiens-français ont besoin d'une explication. La voici:

Sous les latitudes élevées du nord, l'hiver accumule, au bord de la mer ou aux embouchures des grands fleuves des montagnes de glaçons, que l'intensité du froid fait parfois éclater avec un bruit foudroyant, et qui, tels que des cratères, lancent alors, à des distances prodigieuses des monceaux de débris [18].

[Note 18: On trouvera, sur ces singulières éruptions, des détails très précis dans la Vierge Esguimaue (en préparation).]

Vienne une rafale, un coup de vent, et ces débris, enlevés comme par une trombe, sont chassés dans l'espace, roulés au loin à travers les sauvages solitudes de la côte.

Neige, glace, parcelles de terre, fragments de roches, emplissent l'air, et plus terribles, plus impitoyables que les sables africains entraînés par le simoun ou le sirocco, engloutissent, anéantissent tout ce qui s'oppose à leur passage.

Bordées, nomment ces désastreux tourbillons les rôdeurs du désert américain, dans leur langage si éloquemment imagé.

Et, furieuse, tonnante, fut la bordée qui passa à quelques pieds au-dessus de nos deux hommes, un moment après que Mac Carthy eut imité l'exemple du Grand-Lièvre.

—Ouf! fit le premier en se relevant, il faut avoir vraiment le diable au corps pour vivre dans cet enfer de pays.

—Mon frère a-t-il vu le Géant? demanda Kit-chi-ou-a-pous en regardant avec terreur autour de lui.

—Quel géant? dit James.