Après quoi ils le peignirent en rouge, et dessinèrent avec du noir, sur tout son corps, les figures les plus monstrueuses qu'ils se purent imaginer: les unes destinées à effrayer les ennemis, les autres à le préserver de leurs coups.

Pendant ce temps, le sagamo chantait ses exploits et ceux de ses ancêtres.

Peu à peu, les guerriers qui devaient l'accompagner entonnèrent des chants semblables et se prirent à danser autour de lui.

La cérémonie de la peinture achevée, les danses et les chants devinrent généraux.

Mais quels chants! quelles danses! Des éclats de voix sauvages à épouvanter les animaux féroces; des contorsions comme n'en eut peut-être jamais, dans le monde civilisé, un épileptique.

Un banquet de chair de chien et de graisse de caribou couronna la solennité.

Mais Kit-chi-ou-a-pous ne prit aucune part à ce festin. Il se contenta de fumer devant les convives; car le sagamo était tenu de jeûner jusqu'au moment où l'on entrerait en campagne.

Kitchi-Ickoui avait, par une faveur spéciale, été invitée au repas, auquel, excepté elle, les hommes seuls pouvaient assister.

Lorsqu'il fut fini, le Grand-Lièvre partit pour aller, suivant l'usage, passer la nuit dans la forêt; et sa femme rentra dans leur hutte, où l'on avait ramené Mac Carthy toujours garrotté et gardé à vue.

CHAPITRE X