Leur déclaration fut saluée par des clameurs furibondes.
Le tumulte apaisé, Kit-chi-ou-a-pous s'écria:
—Nous avons donc pris la détermination de déterrer la hache de guerre et d'aller surprendre nos vils ennemis, les Visages-Pâles. Nous mangerons leur chair et nous boirons leur sang; nous leur arracherons leurs chevelures et les amènerons prisonniers ici pour être le jouet de nos femmes et de nos enfants; et si nous succombons dans cette noble entreprise, nous ne resterons pas étendus sur la neige, la proie des bêtes féroces, car ce collier sera la récompense de celui qui enterrera les morts.
Avec ces mots, il lança son collier de griffes d'ours et de dents de morse au milieu de la multitude.
Un guerrier, d'une apparence robuste, dont plusieurs scalpes ornaient la ceinture, se précipita dessus et le releva.
Par cet acte, il exprimait son désir d'être le lieutenant du
Grand-Lièvre.
—C'est bien, Pied-de-Buffle, dit celui-ci. J'estime et j'aime ta vaillance. Adroit à la chasse, habile à la pêche, tu es encore un brave guerrier. Nos ennemis l'ont apprise leurs dépens. Ils l'attestent les glorieux trophées qui décorent ton wigwam; et si je péris dans cette guerre, je serai heureux de t'avoir pour successeur.
Pied-de-Buffle répondit en donnant au sagamo le collier de têtes d'aigle que lui-même avait sur la poitrine.
Kit-chi-ou-a-pous fut ensuite conduit processionnellement à la loge aux sueries; il y resta deux heures, et par une transpiration abondante, secondée de rudes frictions avec de la neige, il se débarrassa de l'épaisse couche de couleur et de crasse dont il était enduit.
Quand il eut quitté son bain de vapeur, on le mena dans une autre cabane, où ses amis l'oignirent de graisse d'ours de la tête aux pieds.