—Oui,—fit-il lentement,—pourquoi pas? Et en finir.
—Je ne vous saisis, pas très bien, dit M. Hinchcliff en toussant une seconde fois.
—Vous ne me suivez pas très bien,—répliqua mécaniquement l'étranger tandis que ses yeux bizarres erraient de M. Hinchcliff à la valise d'où pendait avec ostentation la cape et revenaient à la figure duveteuse de M. Hinchcliff.
—Vos paroles sont si décousues, vous comprenez...—s'excusa M. Hinchcliff.
—Pourquoi pas!—dit l'étranger suivant sa pensée—Vous êtes étudiant?—fit-il en s'adressant à M. Hinchcliff.
—Je suis étudiant par correspondance à l'Université de Londres.—dit M. Hinchcliff avec un orgueil non déguisé et portant d'un geste nerveux sa main à sa cravate.
—À la poursuite de la science,—dit l'étranger. Et il retira soudain ses pieds de dessus la banquette, posa son poing sur son genou, et contempla, M. Hinchcliff comme s'il n'avait jamais vu d'étudiant de sa vie.
—Oui!—et il fit un geste avec l'index tendu.
Puis il se leva, prit dans le filet un sac de cuir qu'il ouvrit. Sans le moindre mot il en tira un objet de forme ronde enveloppé d'une quantité de papier d'argent qu'il déplia soigneusement. Il tendit la chose à M. Hinchcliff: c'était un petit fruit d'un jaune doré et très doux au toucher.
M. Hinchcliff demeura un instant la bouche et les yeux grands ouverts. Il n'essaya pas de prendre cet objet, même si on le lui offrait pour qu'il le prît.