«Missie, y a-t-il une réponse? Il est temps que je parte; je veux voir les Boers prendre Prétoria.»

Bessie le regarda vaguement.

«Votre message est de ceux qui n'ont pas besoin de réponse», dit-elle.

La brute se mit à rire. «Non, je ne peux pas porter une lettre au Capitaine, reprit-il. J'ai vu Jan Vanzil le tuer. Il est tombé comme ça!» Et il s'abattit tout d'une pièce sur le sol, comme un homme frappé par une balle. Il continua: «Je ne peux pas lui porter un message, Missie, mais ce que je voulais dire, c'est que je pourrais porter une lettre de votre part à Frank Muller. Un Boer vivant vaut mieux qu'un Anglais mort et Frank Muller fera un beau mari.

—Partez!» commanda Bessie d'une voix étranglée, en lui montrant l'avenue de son bras étendu.

Il y avait dans cet ordre une telle énergie contenue, que l'homme bondit sur ses pieds, et au même instant, Stomp, qui l'avait guetté tout le temps avec des grognements sourds, interprétant le geste de sa maîtresse comme un ordre d'agir, sauta droit à la gorge du messager. Le chien, grand et lourd, frappa l'homme en pleine poitrine, de telle sorte que tous deux roulèrent sur le sol. Ce fut une scène terrible: l'homme se débattait, criait, jurait; le chien le roulait, le mordait de façon à lui laisser des marques ineffaçables.

Bessie, dont l'énergie semblait épuisée, ne paraissait pas voir ce qui se passait. Son oncle accourut avec deux Cafres.

«Holà! holà! cria-t-il de sa forte voix; qu'y a-t-il donc?»

Il réussit enfin, avec l'aide des Cafres, à faire lâcher prise au chien, et l'homme se releva en trébuchant, saignant d'une demi-douzaine de morsures.

Tout d'abord, il ramassa son bâton sans parler. Ensuite il tourna son visage couvert de sang, son œil unique flamboyant de fureur, vers la pauvre Bessie, la menaça de ses deux poings crispés, et l'accabla d'injures.