Bientôt il traversa un petit ruisseau et distingua au loin un chariot, autour duquel se mouvaient des hommes et deux lanternes. C'était sans doute l'évêque arrêté par des Boers! Arrivé tout près du véhicule, il le vit repartir et, une seconde après, il entendit la voix d'une sentinelle et vit luire le canon d'un fusil.
«Qui va là? demanda la voix.
—Ami!» répondit John gaiement, quoiqu'il ne fût rien moins que gai.
Il y eut un silence. Puis la sentinelle appela un homme qui s'approcha en bâillant et dit quelque chose en hollandais. L'oreille tendue, John saisit ces mots: «de la suite de l'évêque».
Ceci lui suggéra une idée.
«Qui êtes-vous? Anglais?» dit en anglais le nouvel arrivant, d'une voix rude. Et il leva sa lanterne pour bien voir Niel.
«Je suis le chapelain de l'évêque», répondit celui-ci, s'efforçant d'assumer l'aspect pacifique d'un membre du clergé», et je désire le suivre à Prétoria.»
L'homme à la lanterne l'examinait de près. Heureusement Niel portait un vêtement sombre et un chapeau de feutre mou, d'aspect assez clérical, celui-là même que Frank Muller avait troué d'une balle.
«C'est un prédicateur bien sûr, reprit l'homme; regardez; il est habillé comme un vieux corbeau. Que disait le laissez-passer de Om Krüger? Est-ce un chariot ou deux que nous devions laisser continuer? C'était un seul, je crois?
—Non; deux, il me semble.»