Mme Roy de Montigny, chroniqueuse pour journaux de modes, m'affirme qu'Adolphe Brisson, en refusant un de ses articles, lui écrivit: «Votre style est une dentelle.» Et, pour me la montrer, elle cherche la lettre, qu'elle ne trouve pas. Ne cherchez pas davantage, madame, je ne me permettrais pas de douter de votre parole. D'ailleurs ce que vous dites est fort vraisemblable, ne choque en rien ce que je sais d'Adolphe Brisson, monsieur très poli et très bête. Et puis,—il faut se méfier de tout le monde,—peut-être, ce jour-là, était-il malicieusement juste, et se disait-il en aparté: «Je définis la dentelle quelque chose qui est plat et plein de trous.»


Pourquoi dirais-je du mal de M. ou de Mme Gaure? Ces braves gens se sont payé un Voyage de Noces en Italie et en ont informé l'univers par un volume chacun. Monsieur signe Johan Gavre, et madame, Georges Duhamel. Ils nous apprennent, en un style aussi puissamment nouveau que leurs renseignements, que le golfe de Naples est beau, qu'une éruption du Vésuve détruisit Pompéi et qu'il y a des mendiants en Italie.


Si je n'étais si fatigué, quelles jolies et abondantes perles je détacherais des coquilles de Maurice de Souillac et de Pierre Dax. Je veux cependant signaler une des plus belles. O Edmond Rocher, ô Paul Cirou, ô tous les habiles dessinateurs, essayez de représenter les yeux qu'imagine Pierre Dax, ces yeux merveilleux qui, au besoin, savent donner l'oreille: «Deux yeux de turquoise, bordés de velours noir, allaient de l'un à l'autre des convives, caressaient, encourageaient, ponctuaient, avec cette attitude consommée qui donne l'oreille à droite ou à gauche...»


Et voici, insultant à mon découragement, un nouvel escadron d'amazones. Passent la comtesse d'Apraxin, grande dame et petit esprit; Mme Albérich-Chabrol, dont les romans sont d'un charme trop lent, trop vite endormeur; Élisa Bloch, représentant du plus inepte des salons parisiens et de la plus ridiculement vide des revues; Mme Adolphe Brisson, née Sarcey, qui, m'affirme-t-on, s'appelle parfois Sergines et utilise ses ciseaux sur du papier imprimé.

Cavalcadent Marya Chéliga, féministe; Marguerite Comert, la sully-prud'hommesque; Marie Colombier, ignoble platement. Sautille Jeanne Chauvin, pie séduite au brillant de tous les boutons de cristal. Courent devant ma fatigue Mary-James Darmesteter qui, sous prétexte d'étudier Renan, nous donna un quelconque recueil de morceaux choisis; Nelly Lieutier, auteur de l'Oiseau de proie parisien, et en qui l'Académie couronna la tante de l'académicien Loti; Berthe Mendès, qui cite souvent des paroles du Christ et, par zèle féministe sans doute, les attribue à sainte Thérèse.