Dans La Fontaine, le berger Tircis, pour séduire la jeune Amarante, explique à l'enfant naïve ce que c'est que l'amour.

Amarante dit à l'instant:

«Oh! oh! c'est là ce mal que vous me prêchez tant!

Il ne m'est pas nouveau: je pense le connaître.»

Tircis à son but croyait être,

Quand la belle ajouta: «Voilà tout justement

Ce que je sens pour Clidamant.»

Cette rapide citation m'épargne une analyse du dernier roman de Jean Bertheroy, Sur la pente. Les trois cents pages contiennent d'ailleurs autre chose que les cinquante vers. Du livre du bas-bleu s'élèvent des «relents de charnalité» que La Fontaine a négligé de nous faire sentir. Elle parle d'une «reconduction continuelle de l'infiniment grand à l'infiniment petit» que le philosophe de l'Astrologue qui se laisse tomber dans un puits eût peut-être mal comprise. Il y a encore dans ce livre des formules d'une correction audacieuse: «Elle était prête à tout consentir.» Et il y a, comme dans l'Initiateur de cet imbécile d'Armand Charpentier, «l'amoureux par excellence, l'amoureux altruiste; avec lui une femme ne peut manquer de parvenir au septième ciel de la félicité». Et il y a des maximes que je signale au brave idiot qui découpe pour le supplément du Journal des Pensées et Impressions. Celle-ci fera sans doute son affaire: «D'une situation ambiguë résultent toujours des conséquences embarrassantes.»

Pour être plus mal rythmés que ceux de Daniel Lesueur et plus vides, les vers de Jean Bertheroy n'en sont pas moins pédants: