Élisa, en approchant de la porte, en avait assez entendu pour comprendre qu'un marchand faisait des offres pour quelque esclave.
Elle aurait bien voulu rester à la porte pour écouter davantage; mais au même instant sa maîtresse l'appela: il fallut bien partir.
Elle crut cependant comprendre qu'il s'agissait de son enfant... Pouvait-elle s'y tromper?... Son cœur se gonfla et battit bien fort. Elle serra involontairement l'enfant contre elle d'une si vive étreinte, que le pauvre petit se retourna tout étonné pour regarder sa mère.
«Élisa! mais qu'avez-vous aujourd'hui, ma fille?» dit la maîtresse en voyant Élisa prendre un objet pour l'autre, renverser la table à ouvrage et lui présenter une camisole de nuit au lieu d'une robe de soie qu'elle lui demandait.
Élisa s'arrêta tout d'un coup.
«Oh! madame, dit-elle en levant les yeux au ciel; puis, fondant en larmes, elle se laissa tomber sur une chaise et sanglota.
—Eh bien! Élisa, mon enfant... mais qu'avez-vous donc?
—Oh! madame, madame! il y avait un marchand qui parlait dans la salle avec monsieur; je l'ai entendu!
—Eh bien! folle! quand cela serait?
—Ah! madame, croyez-vous que monsieur voudrait vendre mon Henri?»