—Vous savez bien que cela n'est pas, Saint-Clare!

—Je me suis trompé alors.... merci de me reprendre, ma chère!

—Ah! vous voulez me provoquer maintenant!

—Voyons, Marie, il fait très-chaud. Je viens d'avoir une longue querelle avec Adolphe; il m'a fatigué.... permettez-moi de me reposer sous votre doux sourire.

—Que s'est-il passé avec Adolphe? l'impudence de ce drôle est devenue excessive, je ne puis plus la supporter. Ah! je voudrais avoir à le commander quelque temps sans contrôle.... je le materais bien.

—Ce que vous dites là, ma chère, est marqué au coin de votre finesse et de votre bon sens ordinaire; quant à Adolphe, voici le cas: il s'est si longtemps appliqué à imiter mes grâces et mes perfections, qu'il a fini par se prendre pour son maître.... et j'ai été obligé de lui montrer à la fin sa méprise.

—Comment cela?

—Eh bien, il a fallu lui faire comprendre que je voulais conserver quelques-uns de mes vêtements pour mon usage personnel.... J'ai dû aussi mettre des bornes à son trop magnifique emploi de l'eau de Cologne. J'ai même poussé la cruauté jusqu'à le réduire à une seule douzaine de mes mouchoirs de batiste.... Adolphe portait tout cela avec des fanfaronnades que j'ai dû également modérer par mes conseils paternels.

—Ah! Saint-Clare, voilà une indulgence vraiment intolérable! Quand apprendrez-vous donc comment on traite des esclaves?

—Et, après tout, le beau malheur qu'un pauvre diable d'esclave veuille ressembler à son maître!... Si je l'ai assez mal élevé pour qu'il mette son bonheur dans l'eau de Cologne et les mouchoirs de batiste, pourquoi ne pas lui en donner?