—Ah! vraiment? fit Chloé d'un air ravi.... Et combien me faudrait-il d'années pour....

—Quatre ou cinq ans.... Mais vous n'attendrez pas cela..., j'ajouterai.

—Oh! je ne voudrais pas que madame donnât des leçons.... ni rien de pareil,... Monsieur a bien raison! cela ne se peut pas.... J'espère bien que personne de la famille n'en sera réduit là.... tant que j'aurai des mains....

—Ne craignez rien, Chloé, reprit Mme Shelby en souriant, j'aurai soin de l'honneur de la famille.... Mais quand comptez-vous partir?

—Mais je ne comptais sur rien.... Seulement Sam va descendre la rivière pour conduire des poulains.... Il dit qu'il m'emmènerait bien avec lui.... J'ai mis mes affaires ensemble. Si madame voulait, je partirais demain matin avec Sam.... Si madame voulait écrire ma passe et me donner une recommandation....

—Soit! je vais m'en occuper.... si M. Shelby ne s'y oppose pas. Il faut que je lui en parle.»

Mme Shelby rentra chez elle, et Chloé, ravie, courut à sa case pour faire ses préparatifs.

«Vous ne savez pas, monsieur Georges? je pars demain pour Louisville, dit-elle au jeune homme qui entra dans la case, et la trouva occupée de mettre en ordre les petits effets du baby.... Je fais le paquet de Suzette, j'arrange tout. Je pars, monsieur Georges, je pars.... Quatre dollars la semaine.... et madame les mettra de côté pour racheter mon vieil homme.

—Eh bien! en voilà une affaire.... dit Georges. Et comment vous en allez-vous?

—Demain matin, avec Sam. Et maintenant, monsieur Georges, vous allez vous asseoir là et écrire à mon pauvre homme.... et lui dire tout.... Vous voulez bien?