Les autres pleuraient, la tête appuyée sur leurs genoux.

«Je sais, dit Éva, je sais que vous m'aimez tous!

—Oh! oui.... oui, oui! tous! Dieu vous bénisse!» Telles étaient les réponses qui s'échappaient de toutes les lèvres.

«Oui, je le sais bien! il n'y en a pas un seul parmi vous qui n'ait toujours été bon pour moi. Je vais vous donner quelque chose qui, quand vous le regarderez, vous fera penser à moi.... je vais vous donner à tous une boucle de mes cheveux. Oui, quand vous la regarderez, pensez que je vous aimais tous.... que je suis partie au ciel.... et que j'espère vous y revoir!...»

Il est impossible de décrire une pareille scène, pleine de larmes et de gémissements. Ils se pressaient autour de la chère créature, ils recevaient de ses mains cette dernière marque d'amour.... Ils s'agenouillaient, ils pleuraient, ils priaient, ils baisaient le bas de ses vêtements.... et les plus anciens laissaient tomber, selon l'usage de leur race enthousiaste, des paroles de tendresse, des bénédictions et des prières....

Miss Ophélia, qui connaissait l'effet de cette scène sur la petite malade, les faisait successivement sortir dès qu'ils avaient reçu leur présent.

Il ne resta bientôt plus que Tom et Mammy.

«Tenez, père Tom, dit Éva, en voici une belle pour vous! Oh! je suis bien heureuse, père Tom, de penser que je vous reverrai dans le ciel.... Et vous, Mammy, chère, bonne et tendre Mammy, lui dit-elle en jetant affectueusement ses bras autour du cou de la vieille nourrice, je sais bien que vous aussi vous irez au ciel!

—Oh! miss Éva, comment pourrai-je vivre sans vous? dit la fidèle créature. Vous partez, il n'y aura plus rien ici!» Et Mammy s'abandonna à toute l'effusion de sa douleur.

Miss Ophélia poussa doucement dehors Tom et Mammy. Elle crut qu'ils étaient tous partis.... Elle se retourna et aperçut Topsy.