—Je venais, dit miss Ophélia avec cette petite toux qui sert de préface aux entretiens difficiles, je venais vous parler de cette pauvre Rosa.»

Les yeux de Marie s'ouvrirent tout grands, le sang monta à ses joues pâles, et d'une voix aiguë:

«Eh bien! qu'est-ce?

—Elle se repent de sa faute!

—Ah! vraiment! Elle s'en repentira bien davantage encore. J'ai souffert assez longtemps l'impudence de cette créature.... Je veux l'abattre, je veux la mettre dans la poussière.

—Mais ne pouvez-vous la punir d'une autre manière, d'une manière moins honteuse?

—Au contraire! de la honte pour elle.... c'est ce que je veux!... Elle a trop fait cas toute sa vie de sa délicatesse, de sa bonne mine et de ses airs de dame.... Elle en est venue à oublier qui elle est.... Je vais lui donner une leçon qui domptera son orgueil, j'en réponds!

—Mais, cousine, remarquez que, si vous détruisez cette délicatesse et cette honte pudique dans une jeune fille, vous la dépravez....

—Délicatesse! fit Marie avec un rire méprisant; un beau mot pour une telle espèce! Je veux lui apprendre, avec tous ses airs, qu'elle n'est pas plus que la dernière créature en haillons qui traîne par les rues.... Elle ne prendra plus ces airs-là avec moi.

—Vous répondrez à Dieu de cette cruauté, dit miss Ophélia.