Et comme le père Tom, embarrassé par les menottes, n'allait pas assez vite à son gré, il lui aida, en arrachant brutalement le col, qu'il mit dans sa poche.
Il se dirigea ensuite vers la malle de Tom, qu'il avait d'abord eu soin de visiter; il en tira une paire de vieux pantalons et une veste délabrée, que Tom ne mettait que quand il descendait aux écuries.... Le maître débarrassa l'esclave de ses fers, et lui montrant une sorte de niche entre les colis:
«Allez là, et mettez cela!»
Tom obéit et revint au bout d'un instant.
«Tirez vos bottes!»
Tom les tira.
«Tenez! fit Legree en lui jetant une grosse paire de mauvais souliers,... mettez cela!»
Tom, malgré la rapidité de ce changement d'habit, avait pourtant fait passer sa chère Bible d'une poche à l'autre; bien lui en prit, car M. Legree, après lui avoir remis les menottes, commença l'inspection du contenu des poches. Il en retira un mouchoir de soie qu'il prit pour lui, différentes bagatelles, trésor recueilli par Tom parce qu'il avait fait la joie d'Éva, devinrent l'objet des dédains du marchand, qui les jeta à l'eau par-dessus son épaule.
Tom, dans sa précipitation, avait oublié son livre de cantiques méthodistes; Legree tomba dessus et le feuilleta.
«Ah! ah! nous sommes pieux, je crois!... Comment vous appelle-t-on? Vous êtes de l'Église, hein?