Et il frappait du pied à chaque mot.

Comme s'il les eût fascinés, tous les yeux se fixèrent sur son œil gris étincelant.

«Maintenant, dit-il en grossissant son énorme poing pesant, qui ressemblait assez au marteau d'un forgeron, vous voyez ce poing!... pesez-le!...»

Et il l'abattit sur la main de Tom.

«Voyez-moi ces os-là! Je vous préviens que ce poing-là vaut un marteau de fer pour abattre les nègres. Je n'ai jamais rencontré un nègre que je n'aie pu abattre d'un seul coup.»

Et il brandit son poing si près du visage de Tom, que celui-ci se rejeta en arrière en fermant les yeux.

«Moi, reprit-il, je n'ai aucun de ces maudits surveillants.... je suis mon propre surveillant.... et je vous préviens que je vois tout.... Il faut emboîter le pas.... droit et prompt.... du moment que je parle. Avec moi, il n'y a que ce moyen-là! Vous ne trouverez jamais chez moi la moindre douceur.... je suis sans pitié.»

Les pauvres femmes n'osaient plus respirer; toute la troupe des esclaves s'assit par terre saisie d'effroi et les traits bouleversés. Le maître tourna sur ses talons.... et alla boire un petit verre!

«Voilà comment je m'y prends avec mes nègres, dit-il à un homme d'une tournure distinguée, qui s'était tenu à côté de lui pendant tout ce discours. C'est mon système.... mes commencements sont énergiques.... il faut qu'ils sachent ce qui les attend....

—En vérité! dit l'étranger, qui le regardait avec la curiosité d'un naturaliste examinant quelque phénomène étrange.