«Qui est là?.... Oh! pour l'amour de Dieu, à boire! un peu d'eau.... s'il vous plaît!»

Cassy, c'était elle, posa sa lanterne par terre, versa de l'eau d'une bouteille, souleva la tête de Tom et lui donna à boire. Dans sa fièvre embrasée il épuisa plus d'une coupe.

Quand il eut fini de boire: «Merci! madame, dit-il.

—Ne m'appelez pas madame; je ne suis comme vous qu'une misérable esclave... plus misérable encore que vous ne pourrez l'être jamais.... Et sa voix devint amère.... Mais voyons, dit-elle en allant vers la porte et tirant à elle une petite paillasse sur laquelle elle avait étendu des draps imbibés d'eau fraîche, voyons, mon pauvre homme, tâchez de vous mettre là-dessus....»

Couvert de blessures et moulu de coups, Tom eut bien de la peine à exécuter le mouvement. La fraîcheur de l'eau calma ses blessures.

La femme avait souvent donné des soins aux pauvres victimes de l'esclavage. Elle était habile dans l'art de guérir. Elle pansa les blessures de Tom, qui bientôt se trouva soulagé.

Elle posa la tête du malade sur un ballot de coton en guise d'oreiller.

«Maintenant, dit-elle, c'est tout ce que je puis faire pour vous.»

Tom la remercia. Elle s'assit par terre, ramena vers elle ses genoux, qu'elle entoura de ses bras. Elle regarda fixement devant elle. Son chapeau se détacha, et, comme un noir torrent, ses cheveux ruisselèrent en vagues épaisses autour de son visage mélancolique.

«C'est bien inutile, mon pauvre garçon, c'est bien inutile, ce que vous avez voulu faire! Vous êtes un brave homme! vous aviez le droit de votre côté, mais tout est inutile... Lutter ne vous servira de rien! il faut céder! vous êtes entre les mains du diable: il est le plus fort!»