Imaginez-vous une grande femme, aimable, digne et réservée. Un bonnet de mousseline cache à moitié ses cheveux blancs et bouclés, partagés sur un front large et lumineux; ses yeux sont gris, pleins de pensées. Un mouchoir de crêpe lisse, blanc comme la neige, se croise chastement sur sa poitrine. Sa robe de soie, brune et brillante, fait entendre son frôlement pacifique chaque fois qu'elle traverse la chambre.

Telle est la mère Dorcas.

«Au diable! s'écria Tom Loker en donnant un grand coup de poing sur ses couvertures.

—Thomas, je dois te prier de ne pas employer de telles expressions, dit Dorcas en rangeant tranquillement les couvertures.

—Eh bien! vieille, je ne vais plus recommencer.... si je puis m'en empêcher; mais il fait si chaud que c'est bien capable de me faire jurer!»

Dorcas enlève un couvre-pied, redresse la couverture et la dispose d'une telle façon que Tom a l'air d'une chrysalide. Et tout en se livrant à ces petits soins:

«Je voudrais bien, ami, que tu cessasses un peu de jurer et de maugréer comme tu fais.... veille donc un peu sur ta conduite....

—Ah! ah! ma conduite, c'est bien la dernière chose dont je m'occupe.... tonnerre!»

Et Tom Loker fit un soubresaut, bouleversant les couvertures et mettant le lit dans un désordre effroyable.