—Qu'est-ce donc, miss Cassy? demanda Tom tout ému.
—Tom, voudriez-vous être libre?
—Je le serai, madame, quand il plaira à Dieu!
—Vous pouvez l'être cette nuit!... et il y eut encore un éclair sur le visage de Cassy.... Venez!»
Tom hésita.
«Venez! reprit-elle à voix basse, et en fixant sur lui ses grands yeux, venez! il dort profondément.... J'en ai mis assez dans son eau-de-vie pour qu'il dorme longtemps; si j'en avais eu davantage, je n'aurais pas eu besoin de vous.... mais venez.... la porte de derrière est ouverte; il y a une hache auprès, c'est moi qui l'y ai mise. La porte de sa chambre est ouverte, je vais vous montrer le chemin. J'aurais tout fait moi-même, mais je n'ai plus de force! Allons, venez donc!
—Non, madame, pas pour dix mille mondes! dit Tom avec fermeté et en reculant, malgré tous les efforts de Cassy pour le faire avancer.
—Mais pensez donc à tous ces pauvres malheureux! nous allons les mettre tous en liberté. Nous irons quelque part dans les savanes. Nous trouverons une île, nous y vivrons indépendants. Ces choses-là se font, dit-on, quelquefois.... Toute vie sera meilleure que celle-ci.
—Non! dit Tom, non! le bien ne peut jamais venir du mal; j'aimerais mieux me couper la main!
—Eh bien! je ferai tout moi-même, dit Cassy en s'éloignant.