Emmeline frissonna.
Les deux femmes se turent. Cassy lisait un livre français. Emmeline, accablée de fatigue, s'assoupit un instant.... Elle fut réveillée par de bruyantes clameurs, des piétinements de chevaux et des aboiements de chiens furieux.
Elle poussa un petit cri.
«C'est la chasse qui revient, dit froidement Cassy. Ne craignez rien! Regardez par cette lucarne!... Ne les voyez-vous pas tous là-bas?... Il faut que Simon y renonce pour cette nuit. Son cheval est-il couvert de boue à force d'avoir galopé dans la savane! Les chevaux aussi ont l'oreille basse.... Ah! mon bon monsieur, il vous faudra recommencer la chasse plus d'une fois.... Ce n'est pas là qu'est le gibier!
—Oh! taisez-vous, dit Emmeline, s'ils vous entendaient!
—S'ils entendent quelque chose, ils se garderont bien de venir. Il n'y a pas de danger.... Nous pouvons faire tout le bruit que nous voudrons.... ça n'en sera que mieux.»
Enfin le silence de minuit descendit sur la maison; Legree, maudissant sa mauvaise chance et méditant pour le lendemain de terribles vengeances, alla prosaïquement se mettre au lit.