—Vous prenez mal la chose, Tom. Comment pouvez-vous plaisanter, quand ce que l'on vous en dit est dans votre intérêt?

—Tais ton bec! dit Tom brutalement. Je ne puis supporter davantage tous ces discours d'idiot. Cela me jugule. Après tout, quelle différence y a-t-il entre vous et moi?

—Allons, allons, messieurs, ce n'est pas là la question, dit Marks: chacun voit les choses à sa manière. M. Haley est un très-aimable homme, sans aucun doute; il a sa conscience à lui, c'est un fait. Quant à vous, Tom, vous avez aussi votre manière d'agir, qui est excellente. Oui, excellente, mon cher Tom. Mais les querelles, vous le savez, n'aboutissent à rien. A l'œuvre donc, à l'œuvre! Voyons, monsieur Haley, vous avez besoin de nous pour reprendre cette femme?

—La femme? non, elle ne m'est de rien. Elle est à Shelby. Je n'ai que l'enfant. J'ai eu la bêtise de vouloir acheter ce petit singe.

—Vous êtes toujours bête, lui cria brutalement Thomas Loker.

—Allons, Tom, pas de vos rebuffades aujourd'hui, dit Marks en passant sa langue sur ses lèvres. Vous voyez que M. Haley nous met sur la voie d'une bonne affaire, je le reconnais. Ainsi, soyez calme; tout cela me regarde; laissez-moi faire. Voyons, monsieur Haley, cette femme, comment est-elle? quelle est-elle?

—Eh bien! blanche et belle, bien élevée. J'en offrais huit cents ou mille dollars à Shelby.

—Blanche et belle, bien élevée!» reprit Marks.

Ses yeux perçants, son nez, sa bouche, tout s'anima rien qu'à la pensée d'une bonne affaire.