Vers 1845 (Sans date).
Mon cher Thé,
Les autres disent Théo, je supprime l'o et ne garde que le Thé; première bêtise!
Je donne un concert; deuxième bêtise!
Faites maintenant la troisième de l'annoncer pour engager le public à faire la quatrième, la plus grosse de toutes, celle d'y venir!
Vous pouvez dans votre feuilleton blaguer à mort sur mon voyage d'Allemagne, puis dire que dimanche 19, au Conservatoire, il y aura Duprez, Massol, madame Dorus-Gras, chantant un grand trio de ma façon; Duprez chantera l'Absence de M. Théophile Gautier, un poète de grande espérance, avec orchestre. J'ai instrumenté ce morceau à Dresde; on ne l'a pas encore entendu à Paris.
Il [y] aura un solo de violon exécuté par Allard, puis l'ouverture du Roi Lear, la symphonie de Harold, le scherzo de la Reine Mab, le finale de la Symphonie funèbre et l'Apothéose, avec les deux orchestres.
Il faut que je prie le jeune poëte de grande espérance de venir à la répétition de samedi, s'il en a le temps, tellement je suis impatient de lui faire entendre le chant de l'Absence, ainsi rendu par l'orchestre de Duprez.
Adieu. Mille amitiés.
A M. LE GÉNÉRAL LVOFF.