Dites-moi aussi si vous avez la grande partition de ma Messe des morts. Si j'étais menacé de voir brûler mon œuvre entière, moins une partition, c'est pour la Messe des morts que je demanderais grâce. On en fait en ce moment une nouvelle édition à Milan; si vous ne l'avez pas, je pourrai, je pense, dans six ou sept semaines vous l'envoyer.

N'oubliez aucune de mes questions, et répondez-moi dès que vous aurez un peu de force; hélas! ce n'est pas le loisir qui vous manque.

Adieu, cher ami; je vais veiller en songeant à vous, car non suadent cadentia sidera somnos.

CXXXIII

Paris, 2 février 1867.

Mon cher Humbert,

Vous m'avez écrit deux charmantes pages; une demi-page suffisait pour m'annoncer que vous aviez reçu les deux partitions. Vous avez bien plus de courage que moi. Tant mieux! cela me prouve que vous n'êtes pas aussi malade; du moins, j'ai la vanité de croire cela. Je souffre toujours beaucoup. Je veux vous écrire, et je ne puis pas.

Adieu; je vous ai au moins dit bonjour.

CXXXIV

11 juin 1867.