—Hélas! je n'en suis que plus coupable d'avoir aimé, lorsque l'obstacle se dressait devant moi, m'interdisant l'amour! Un gouffre isole nos coeurs, et c'est pour la vie…
—Que veux-tu dire? Je ne comprends pas!… Les parents de la jeune fille auraient-ils des répugnances?… Qui ne serait fier d'unir sa fille à la noble lignée des Hébert?…
—Pas cela…
—Est-elle du peuple?… Ton père a l'âme trop belle pour mépriser la fille d'un ouvrier, si tu l'as jugée digne de toi!…
—Je le sais…
—Son père a-t-il des tares qui souillent?…
—Vous ne pouvez pas le deviner, c'est pour cela que je suis un lâche, mon père…
—Mais dis-le moi donc, mon enfant, tu ne vois pas que je souffre!…
—C'est la fille d'un athée, murmure le jeune homme, en courbant la tête sous l'orage qui viendrait.
Pendant quelques minutes, le silence est affreux pour Jules Hébert. Le prêtre le regarde avec une commisération tendre.