Le labourage en va mieux[331].
[331] Actes des Apôtres, no 65.
Le marquis, avant tout, avait le souci de sa liberté. D'autre part, l'ancien régime avait fait assez en sa défaveur pour le trouver au premier rang des ennemis de la monarchie. Tout en répudiant son titre de marquis pour prendre celui de citoyen Sade, il s'occupait de faire jouer les pièces qu'il composa à la Bastille. En novembre 1791, le Théâtre Molière donnait un drame en trois actes de lui : Oxtiern ou les malheurs du libertinage, et faisait heureusement augurer du succès qui ne manquerait pas d'accueillir sa comédie en cinq actes en vers : Le Misanthrope par amour ou Sophie et Desfrancs, reçue à l'unanimité, en 1790, à la Comédie-Française.
Mais il avait à faire expier à la royauté abattue ses longues années de prison, et la politique lui fournit le moyen de déclamer contre les « tyrans et leurs suppôts ». La section des Piques (ancien quartier de Vendôme) l'avait élu comme secrétaire, et il s'y montrait parmi les non moins fougueux. Quand, au lendemain de l'assassinat de Marat, on plaça au bureau du Comité de la section le buste de l'Ami du Peuple tombé sous le couteau de la fille Corday, le citoyen de Sade l'orna d'un quatrain de sa façon :
Du vrai républicain unique et chère idole,
De ta perte, Marat, ton image console.
Qui chérit un si grand homme adopte ses vertus.
Les cendres de Scévole ont fait naître Brutus[332].
[332] Publié par Taschereau, La Détention du marquis de Sade ; Revue Rétrospective, tome I, 1833, p. 257 (note).
Il rédigeait, en outre, des pétitions, des réclamations, des motions, tout en tenant un certain train de maison.