[269] Louis Blanc, Histoire de la Révolution française, tome VII, p. 96.

LA PANTHERE AUTRICHIENNE
Vouée au mépris et à l'exécration de la nation françaises (sic) dans sa postérité la plus reculée.

Mais cela, ces rêves de luxe et de splendeur, un autre restaurant ne les avait-il pas excités à ses tables lourdes d'un beau repas? N'était-ce pas chez Venua[270] qu'à dix francs par tête, les Girondins avaient pu croire au triomphe de leurs rhétoriques d'avocats bavards? Venua, situé à proximité de la Convention, offrait ses salons aux députés comme Méot devait les offrir au Directoire. Endroit charmant, peut-on croire, où les musiques et les danses devaient écarter de tant de fronts chargés de sombres soucis les rêves funèbres que demain devait, pour beaucoup, réaliser. Ces agréments, un avis de Venua le promettait aux clients en ces termes engageants :

[270] Et non Verua, comme l'écrit M. Henri d'Alméras dans Emilie de Sainte-Amaranthe, p. 272.

Le citoyen Venua, restaurateur à coté du manège, no 75, ayant aussi entrée par la rue Saint-Honoré, maison dite Hôtel des Tuileries, vis-à-vis les Jacobins, même numéro, prévient qu'à compter du 18, il donnera à danser fêtes et dimanches dans son berceau et son salon. Les personnes qui y viendront jouiront de plusieurs agréments et y trouveront bonne bière et toutes sortes de rafraîchissements à la glace. Il y a des pièces particulières pour les dîners de société. Il entreprend toutes sortes de grands repas, fait noces et repas de commande et donne à souper[271].

[271] Petites affiches, avril 1793.

Rien ne manque au programme : agréments, bière, glaces, danse. Car on dansait sous la Terreur, et il y avait des poètes pour célébrer les plaisirs de Terpsichore :

La danse est le chemin d'amour,

Du moins c'est la mode au village.