— Très fâchée, trop tard. Je me dois à un autre.
Répétée bien souvent aussi, celle-ci plus énigmatique, obtint une identique réponse.
Élaine. — Bateau de Ryde. Est-il possible qu’il y ait quatre ans. Pas d’école à W… alors. Mais si Élaine veut bien écrire à l’ancienne adresse, ou correspondre par la voie de ce journal, elle n’aura pas à s’en repentir.
Élaine se décida enfin à répondre :
— Il y a maintenant une école à W… Quatre ans, quatre siècles. Élaine n’a rien autre à dire. Le bateau de Ryde fume toujours.
Mais comme galimatias, rien ne vaut le suivant, qui a réjoui je ne sais combien de fois la colonne d’angoisse du Standard :
Hermose. — La même route aux franges de fleurs, royal bouton de rose qui s’épanouit, puis grandiose visage de fleur magnifié par une dame au port superbe et majestueux, beauté splendide (dont la noble image est faite pour les hommages du cœur, l’épanouissement plus grand et plus profond des yeux brillants et du noir cadre de ses cheveux) forte est mon admiration, intense était mon amour alors et depuis il s’est agrandi encore plus passionné jusqu’au dernier moment sombre d’une vie d’idolâtrie avec une véhémence de tous les fibres, de tous les nerfs, force et pensée de ma virilité, mon cœur à vous, tout, tout à vous. — Vraie rose.
N’ignorant pas avec quelle assiduité est parcourue l’agony column et l’intérêt qu’elle excite chez nombre de jeunes gens des deux sexes, un fanatique puritain a jugé que nulle place n’était meilleure pour la propagande religieuse et entre un appel de maîtresse en couches et un rendez-vous d’amoureux, on rencontre de temps à autre, le désopilant advertissement qui suit :
« Anglais ! Votre pays est dégradé. Son prestige s’est évanoui, sa suprématie navale n’est plus. Il fait le chien couchant devant toutes les puissances étrangères ; Ichabod, ta gloire est partie. Et pourquoi ? Parce que l’Angleterre a abandonné son protestantisme. Par l’acte fatal de « l’Émancipation catholique romaine » en 1829, la Constitution protestante fut renversée, et le papisme et l’idolâtrie triomphèrent encore une fois. Notre grandeur et notre protestantisme vont de concert. Le papisme est maintenant dominant dans l’Église et dans l’État, et du papisme coule fatalement la profonde humiliation nationale. Il n’est qu’un seul remède. Retourner au Dieu que nous avons apostasié. Rétablissons à tous risques et à tous prix notre constitution protestante. Alors l’Angleterre, une fois encore, portant témoignage à la vérité biblique, recouvrera d’un coup sa situation première, se lèvera au milieu des nations, terreur et envie de l’univers. Dieu sauve la reine ! »