Willie B., qui a quitté la maison en juin dernier, est instamment supplié de retourner chez sa mère. Son père est mort.

Il en est d’aussi tristes, répétées continuellement. C’est l’appel monotone et douloureux comme une plainte de blessé qui s’échappe à intervalles égaux, des cris de désespérés toujours les mêmes, jetés pendant des semaines et quelquefois des mois entiers, appels désolés à un enfant ingrat, un lâche amant, une amante envolée, un mari disparu. Puis tout cesse. Est-ce l’ingrat revenu ? l’oubli ? la mort ?

Celles-ci parurent bien longtemps et à l’heure où je les transcrivais ici, elles paraissaient encore.

Cher Allan. — Cette incertitude est terrible ; je vous en supplie, revenez à la maison ou donnez de suite de vos nouvelles. Vous n’avez rien à craindre. Cardiff.

A. B. — Je vous attends chaque jour. A chaque bruit je tressaille. Vos chers petits enfants vous demandent. Votre mère ne veut pas mourir sans vous pardonner. De grâce, revenez.

Tout au-dessous de cette dernière, parut un jour celle-ci, exaltante d’allégresse et comme pour accentuer la tristesse de l’autre :

Mère. — Hurrah ! Les cloches joyeuses sonnent à toute volée. Les enfants chantent. Venez compléter le chœur.

Sous la rubrique For ever and ever, a paru pendant plus d’un mois :

— Amour chéri, ma pensée n’a jamais cessé d’être pleine de vous. J’aspire à vous. Un mot, un mot.

A la huitième annonce le mot est venu :