— J’ai tout entendu, je sais tout. Il est dur de savoir que vous m’avez si facilement écartée de vous. Mais, mon ami, vous aussi, je le sais, vous avez longtemps lutté et souffert. Un éloignement était inévitable. Vous ne connaîtrez jamais les trésors de tendresse de ce cœur qui aurait dû vous appartenir. J’ai prié pour vous nuit et jour. Oh ! si seulement nous avions été présentés l’un à l’autre. Cela aurait éclairci tous les malentendus. Nos vies sont séparées maintenant. La façon dont votre père a agi à mon égard, et à laquelle vous sembliez acquiescer m’a empêchée de vous parler. Son dernier mot, je ne puis le comprendre. En quoi l’ai-je offensé ? Cher bien-aimé, adieu. Je vous envoie mes souhaits les meilleurs et les plus sincères pour votre jour de noces, et une longue et heureuse vie. Je ne vous oublierai jamais. Adieu. Adieu.


Tito. — Très cher, pour l’amour de Dieu, écrivez. Je suis presque folle de douleur. Les avertissements du 11, du 14, du 20, et celui d’aujourd’hui sont seuls de moi, tous les autres sont faux. O mon amour, pourquoi écrire si tendrement le 8 « espérant vous rencontrer bientôt », et écrire ces cruelles paroles du 13 ? Écrivez, je vous implore. Ne me poussez pas au désespoir. Je vous en prie, cherchez une autre rubrique pour notre correspondance.


Enfant chérie. — Une froide lettre en trois mois. Puis-je m’empêcher de douter de vous ? Vous rappelez-vous le 27 juillet de l’année dernière ? J’attendrai jusqu’au 27 juillet de cette année avant de croire que vous êtes perfide. Je vous ai envoyé un mot pour le 1er juin ; on l’a inséré le 30 mai, par erreur. Mais nul doute que vous ne l’ayez vu. Vous m’avez rendu bien malheureux, moi qui avais tant de confiance en vous. Chérie, je vous aime comme autrefois. — Jack.


Kathleen Mavourneen. — Si j’avais été riche et que vous eussiez été libre je vous aurais demandé, lorsque nous étions seuls mercredi, de m’épouser. Mais, sachant tout et étant pauvre, il a été bien mal à moi de vous montrer tant d’attentions et de vous faire comprendre que je vous aimais si tendrement. Oubliez-moi et pardonnez-moi, je vous en prie. Avec un petit et discret amoureux baiser.

Cette annonce, qui me paraît être celle d’un parfait roublard à la chasse d’une héritière, est signée du nom de Ravenshoe (soulier de corbeau).


En voici d’une simplicité sinistre :