Les jeunes Anglaises, on en est maintenant convaincu, vont droit au but, en filles pratiques. Elles sont indomptables et terribles dès que des parents indiscrets se mêlent de traverser malencontreusement leurs propres affaires ou essayent de leur barrer la route du bonheur.

On a été édifié sur les moyens employés pour dompter ces rebelles ; aussi ne sera-t-on pas surpris de rencontrer des demandes comme celles-ci :

Poignées de verges. — Une dame ayant deux filles insubordonnées désirerait trouver une institutrice qui consentirait à entreprendre, pendant trois mois, leur redressement.

Une dame voudrait-elle se charger de l’éducation de trois jeunes filles déréglées (unruly) qui ont besoin toutes trois d’une sévère correction quotidienne ? J. Bradshaw. Post Office. Brighton.

Discipline. — Un monsieur demande une institutrice compétente de moins de 40 ans et sévère disciplinarienne. Elle doit être grande et d’aspect imposant. Bons appointements.

XII
LES NOUVELLES MATRIMONIALES

Commit not matrimony except under the strongest provocation.

(English proverb.)

« Nouvelles matrimoniales, journal hebdomadaire consacré à la propagation du mariage et à la félicité conjugale. »

Voilà, certes, le journal le plus extraordinaire, le plus anglais, le plus excentrique, le plus original et le plus amusant de la Grande-Bretagne, le seul et unique qui réponde exactement à son titre et remplisse scrupuleusement sa mission.

Vierges en mal d’amour, veuves en mal de mari, douairières aux lèvres pâlies, brûlant de recevoir encore une fois, avant le baiser final de la mort, celui d’un époux légitime ; jeunes gens, hommes murs, vieux garçons, Céladons et Adonis, répondent chaque semaine au prud’hommesque et désopilant appel placé en tête du journal, et dont la teneur est immuable :