3377. — Un monsieur de 60 ans très grand, plus grand que la moyenne et de bonne mine, bon tempérament, et persuadé qu’il peut rendre heureuse toute femme raisonnable, veut se marier. Il a un revenu de plusieurs milliers de livres sterling, une magnifique résidence à la campagne, chevaux et voitures et ferait un mari bon et indulgent.
3443. — Une dame de physionomie agréable, beau teint, convenable en tous points pour un clergyman, ou un gentleman évangélique ou appartenant à une profession chrétienne, ou tout autre cherchant une compagne intellectuelle et agréable et une épouse affectionnée. On préférerait Londres et les environs. Le revenu actuel est de 50 livres sterling ; augmentation probable. Nulle objection pour un veuf avec enfants, pourvu qu’il ait de quoi les entretenir.
Le souci de leur salut, celui du troupeau et l’attente des joies célestes ne font pas dédaigner les terrestres aux pieux clergymen. Je ne les en blâme pas, je constate simplement.
Divinité. — Étudiant pour les ordres sacrés, 24 ans, grand, blond, viril, aimant, tendre, cherche une compagne affectueuse. Nombreux projets d’avenir, perspectives inattendues, moyens désirables, la dame jugera. J’aimerais à correspondre avec Alice Beaufort ou toute autre de même catégorie.
Mariage. — Clergyman de l’Église d’Angleterre, gradé célibataire, 32 ans, grand, bien fait, considéré comme possédant des avantages physiques, désire épouser une dame riche, bien élevée, d’un caractère aimable, et pas au-dessus de 33 ans, capable d’apprécier un époux aimant. Malheureusement l’avertisseur n’a que des revenus très médiocres.
Celui-ci, plus bref, semble ne douter de rien.
3606. — Un clergyman, 70 ans, recteur, revenus modestes, désire se remarier avec une aimable dame qui ait un peu d’aisance. Celles au-dessous de 40 ans préférées.
Plus je vais, plus je trouve à puiser dans cette mine riche, où jeunesse et vieillesse dévorées du même mal, assoiffées des mêmes désirs ou de cupidités identiques, se coudoient au même handicap.
Ne sont-elles pas bien naturelles, ces jeunes misses, ces veuves ardentes, ces vieilles à qui il faut un mari à tout prix ! Et ces escrocs à la chasse aux héritières, ces pieux oints du Seigneur voulant aimer, et jouir gratis de la vie sont-ils assez dans la note humaine ! Le tout suant le vice, puisque vice ils prétendent qu’il y a, sous le manteau de la vertu.
Je me hâte de terminer, laissant au lecteur le soin de conclure ; mais avant de finir ma récolte dans ces terres grasses d’excentricités, je veux encore cueillir ces deux fleurs pour compléter le bouquet :