ÉPILOGUE

ar une chaude après-midi, le lieutenant Omar-bou-Skin vint s'asseoir sur un banc de pierre de la voûte Dar-el-Bey.

Les chevaux de l'escadron de Constantine étaient partis à la rivière, et il attendait leur retour en chantonnant quelques-uns de ses couplets favoris:

Ses lèvres sont une coupe
Où je bois la volupté,
Et sur sa divine croupe
J'irais dans l'éternité.

Il devait se marier le lendemain avec une fillette de douze ans, jolie comme un rêve d'amour, qu'il avait payée deux cents douros, et il était tout joyeux.

En ce moment, une femme arabe enveloppée d'une élégante moulaia de laine fine et la jambe couverte du bas blanc bien tiré qu'affectionnent les filles libres, s'approcha lentement.

L'officier la regardait en souriant, car elle avait de grands yeux de gazelle, purs et pleins d'éclat, et sous son haik on devinait la jeunesse et la grâce.

Quand elle fut près de lui, elle s'arrêta et de ses yeux jaillirent des étincelles.

Il continuait à sourire, et tout à coup le sourire se glaça sur ses lèvres: la jeune femme avait écarté son voile.