Mais le cavalier s'était arrêté à une portée de fusil et restait immobile.

Il voyait les préparatifs faits en son honneur et il ne bougeait plus.

Alors le vieillard s'avança à sa rencontre, suivi d'un groupe d'hommes, et comme il s'étonnait de le voir arrêté à la même place, retenant son cheval qui piétinait d'impatience, saluant de ses hennissements joyeux les tentes des Ouled-Ascars, il agita son burnous et cria d'une voix forte:

—Mais viens donc! Mais viens donc!

Et il lut tendait les bras, puis montrait son cœur.

Les hommes du douar agitaient aussi leurs burnous et criaient:

—Mansour! Mansour! Marhababek! Marhababek!

Soudain ils virent le cavalier lever sa main droite.

Il la tint longtemps étendue dans la direction du douar; ensuite, la portant à sa bouche, il semblait envoyer toute son âme dans un baiser.

C'était le premier salut et le dernier adieu de Mansour, à la face vénérable et à la barbe blanchie de son père, à sa mère qui l'appelait, à une lumineuse et légère silhouette debout à ses côtés, à la grande tente brune rayée de jaune qui le vit naître et pendant tant d'années abrita son sommeil, aux jeunes filles à qui il avait parlé d'amour, maintenant épouses et mères, aux hommes, aux femmes, aux troupeaux, à tous, et il cria: