XXIX

ependant, plus que jamais, la solitude lui pesait. Il était las de la vie vagabonde. Et si les femmes ne voulaient pas de lui, il voulait au moins une femme.

L'homme ne peut rester seul. Il faut qu'une douce main passe sur lui pour assouplir sa dure écorce. Il faut le rayon d'une prunelle de femme pour chauffer son foyer et éclairer sa vie. De tous temps l'ont dit les sages: «L'homme sans compagne marche à tâtons; il s'égare, trébuche et roule dans la boue.» Car dans la rude et sombre route, c'est elle qui tient le flambeau, tandis que lui, ouvre la marche.

Ceux qui ne réfléchissent pas ont dit:

«L'épouse se ceinture avec des vipères, elle s'épingle avec des scorpions.»

«La femme, c'est le mal.»

Elle n'est le mal que parce que l'homme a jeté sur elle ses souillures, et les vipères de sa ceinture sont celles dont son maître l'a enlacée.

Non; l'homme ne doit pas rester seul. Il ne doit pas non plus, muet envieux, s'asseoir en parasite près de la joie des autres. Il lui faut son foyer à lui, sa femme à lui, ses enfants à lui. C'est encore la grande loi. L'intrus dans le foyer éteint le foyer.