— Ah ! les brigands, répondit-elle, j’espère qu’on va en tuer deux ou trois.
— Qui donc ? On attaque la venta ? »
Elle me prit la main, me guida jusqu’à la fenêtre restée vide.
« Vous allez les voir. Ils sont là, tenez, tenez… comptez… un, deux, trois, quatre. Je ne parle pas des capons embusqués, là-bas, dans les broussailles et qui attendent le signal des camarades pour se mettre en train. Ole ! ole ! »
Dans la belle nuit claire, je vis se glisser quatre formes allongées semblables à des silhouettes de gros épagneuls. Et presque au même instant, trois détonations retentirent, suivies de terribles hurlements auxquels répondirent les aboiements furieux des chiens enfermés dans l’étable.
« Bien ! s’exclama la vieille. Deux ! »
Deux loups en effet se débattaient, pattes en l’air, dans la poussière du chemin, tandis que mon compagnon, réveillé en sursaut par l’effroyable bruit, accourait en chemise, œil effaré et revolver au poing.
« Vaya ! vaya ! aségûrese ! dit en riant notre hôte. Là ! là ! tranquillisez-vous ! »
Puis se tournant vers moi : « Ça les dégoûtera pour quelques jours. »
Le lendemain, remis des émotions de la nuit, nous partons en même temps que les troupeaux, après un déjeuner de panetela restant du souper.