Basques-Navarrois890 000
Catalans3 410 000
Galiciens et Asturiens2 400 000

Soit environ 6 millions et demi d’Espagnols qui appartiennent à des races, variétés ou groupes complètement distincts de celui qui prédomine, qui ont des mœurs différentes et ne parlent pas même, en général, la même langue.

(V. Almirall, l’Espagne telle qu’elle est.)

Sauf la sonore langue castillane et les fenêtres en saillies, on eût pu, dans ce faubourg, se croire en un coin de Belleville.

C’est le soir que nous arrivâmes, et bien qu’on fût en août, il faisait presque froid. Devant les nombreux cafés, pas une table au dehors. Le climat de Madrid est rude et dangereux pour les poitrines délicates. L’air y est si subtil qu’il tue un homme et ne fait pas, suivant le dicton, vaciller la flamme d’une chandelle :

El aire de Madrid es tan sotil

Que mata a un hombre,

Y no apaga a un candil.

On prétend que le déboisement et la sécheresse des environs sont la cause de cette rudesse de la température ; c’est, d’ailleurs, la capitale la plus élevée de l’Europe, ce qui fait dire aux Andalous, avec leur modestie ordinaire, que le trône d’Espagne est le premier après celui de Dieu. « Trois mois d’hiver, neuf mois d’enfer, » telle est la division de l’année par les Madrilènes. J’avoue que pendant ma semaine à Madrid je n’ai en rien essuyé cette pluie de feu dont se plaignent nombre de voyageurs.

Il y fait soif. C’est tout ce qu’on peut affirmer, mais à chaque pas, indépendamment des petites aguadoras qui crient sur tous les tons : « Agua, agua fresquita como la nieve ! » on trouve des débits où l’on peut se rafraîchir dans les prix les plus modérés.